Budget 2018, l’entreprise de démolition sociale !

Publié le 27 Octobre 2017

Budget 2018, l’entreprise de démolition sociale !

Le projet de budget 2018 réduit les dépenses publiques de 15 milliards d’euros pour atteindre 60 milliards d’euros en cinq ans. Réforme XXL du droit du travail et PLF 2018 sont deux ogives de l’arsenal gouvernemental de dynamitage de notre modèle social pour baisser le « coût du travail ».

Au lieu de s’attaquer au coût du capital, le budget baisse les prélèvements obligatoires au détriment des services publics pour laisser s’envoler les prélèvements financiers, et satisfaire aux conditions de la Bundesbank, de Berlin et de la BCE. Mais tout le monde n’est pas égal devant ces baisses. Les couches populaires subiront une hausse de 1,2 milliard d’euros par l’augmentation des taxes sur la consommation. S’ajoutent la majoration de la CSG, la baisse des l’APL, le rationnement supplémentaire des services publics et des dépenses de santé. Le budget 2018, c’est la restructuration libérale des prélèvements fiscaux et sociaux. Deux cibles : la protection sociale et les collectivités territoriales. La suppression de la taxe d’habitation, véritable marché de dupes, traduit la volonté de mise sous tutelle de l’État des collectivités territoriales, soumises comme toute administration publique à des règles de gouvernance gageant leurs dotations sur leurs capacités à économiser.

Le basculement de points de cotisations sociales vers la CSG, en accélérant la déresponsabilisation sociale des entreprises, veut faire disparaître le financement de la protection sociale par des cotisations prélevées sur la valeur ajoutée pour assurer par l’impôt un socle minimum de garanties et transférer le reste vers des assurances privées. Un vrai jackpot pour les entreprises et leurs actionnaires ! D’un côté, la suppression des cotisations sociales permettra de gonfler leurs prélèvements financiers, de l’autre, ils encaisseront les versements des particuliers aux assurances privées. Relancer la dépense publique est indispensable pour développer tous les services publics au lieu de les sacrifier sur l’autel de la rentabilité et du maintien de l’ordre.

Il s’agit de promouvoir un statut rénové des fonctionnaires avec des droits et garanties étendus ainsi qu’une vraie reconnaissance des qualifications au lieu de réduire leurs emplois de 120 000. D’une manière générale, l’enjeu est de sécuriser l’emploi et le progrès des qualifications pour tous avec un nouveau rôle pour la formation pour en finir avec le chômage et la précarité. À la place des gâchis d’aides aux profits (Cice, cadeaux et exonérations, plus de 200 milliards d’euros), les fonds publics doivent être utilisés comme levier d’une nouvelle orientation du crédit bancaire. Une profonde réforme de la fiscalité des entreprises s’impose. Au lieu de la course au moins-disant fiscal derrière l’illusion d’un fédéralisme européen, un nouvel impôt sur les sociétés progressif et modulé selon des critères sociaux et écologiques, un impôt local sur leur capital, un ISF modulé intégrant les biens professionnels inciteraient à une autre utilisation de l’argent des entreprises.

Un nouvel impôt sur le revenu plus progressif et relevé ferait reculer la part des taxes indirectes sur la consommation populaire. Face aux énormes besoins de financements pour les services publics, l’emploi et la relance économique, confrontée à une conjoncture instable, la France doit agir à Bruxelles pour la création d’un Fonds européen de développement économique, social et écologique financé par la création monétaire de la BCE. 

Par Jean-Marc Durand

Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #actualite

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