Un héritage lourd pour l'actuel ex premier ministre

Publié le 7 Décembre 2016

Les privés d'emplois et les travailleurs précaires, premières victimes de la politique du gouvernement Hollande-Valls manifestaient, samedi à Paris, "contre le chômage et les précarités et pour la justice sociale"

Les privés d'emplois et les travailleurs précaires, premières victimes de la politique du gouvernement Hollande-Valls manifestaient, samedi à Paris, "contre le chômage et les précarités et pour la justice sociale"

 

Avant d'annoncer son renoncement à se représenter à l'Elysée, François Hollande a longuement défendu son bilan. Candidat de remplacement, Manuel Valls s'en servira-t-il ? Rien n'est moins sûr.

 

 Seulement  7773 soutiens, dimanche: on ne peut pas dire que le pétition lancée il y a deux semaines par un parterre d'artistes contre " le Hollande-bashing et la quasi-procédure de destitution anticipée entamée à sa droite comme à sa gauche" ait fait florès.

Le renoncement de François Hollande ne devrait pas arranger les choses, quand bien même le chef de l'Etat a, dès son allocution, ouvert à son profit un droit d'inventaire  de son quinquennat.

Car, en se rendant à l'évidence qu'il allait au-devant d'une humiliation s'il se représentait, François Hollande vante un paradoxe:

mon bilan est bon, mais ... je ne suis pas en mesure de le défendre.

Car, le renoncement du président de la République, ce n'est pas seulement celui de sa candidature, c'est aussi le renoncement, dès 2012, à incarner le programme qui l'a porté à l'Elysée.

Face à une situation budgétaire dégradée en arrivant, François Hollande use de l'impôt pour réduire les déficits, visant les heures supplémentaires, poursuivant le gel du barème de l'impôt sur le revenu, augmentant les cotisations retraites.

 

" 20 Milliards d'euros d'allègements sont allés aux entreprises, quand 35 milliards de plus ont été ont été réclamés aux ménages" (OFCE)

 

Crédit impôt compétitivité-emploi, pacte de responsabilité...

Dès la fin de 2012, la "politique de l'offre" mène au crédit impôt compétitivité-emploi, au pacte de responsabilité, devançant la demande du Medef de redonner des marges aux entreprises (41 milliards d'euros pour elles à la clé), en gardant les coudées franches quant à l'emploi de cet argent public.

Pour François Hollande, "l'inversion de la courbe du chômage", dont il a fait la condition numéro un pour se représenter, est à ce prix. " Les résultats arrivent", a-t-il décrété jeudi dernier sur TF1 et France 2 au prix du mensonges par omission.

Début 2013, l'Accord national interprofessionnel est le premier étage d'une fusée qui en comporte trois, avec les lois Macron puis El-Khomri, textes destinés à modifier en profondeur le droit du travail en faveur de l'employeur, quand toute l'histoire de la gauche s'est écrite dans un renversement du déséquilibre entre capital et travail.

Pourtant, à l'heure de son allocution de renoncement, François Hollande n'a qu'un seul regret: le débat sur la déchéance de nationalité. Avec cet incroyable argument: il pensait que la mesure "rassemblerait les Français" au lendemain des tragiques attentats de Paris. Sans surprise, elle les a divisés.

 

Un quinquennat marqué de lois sécuritaires

L'obstination dont a fait montre longtemps alors le couple exécutif est en soi la preuve qu'aucun n'entendait plus être à l'écoute de la gauche sociale.

Pas de coup de pouce au Smic, une revalorisation minimale du RSA, des contrats de génération pas au rendez-vous (un tiers de signés depuis 2013), un usage immodéré du 49-3...

Dès 2014, les écologistes, puis Arnaud Montebourg quittent le gouvernement. Christiane Taubira suivra, deux ans plus tard. Les signaux que François Hollande a envoyés à la gauche sociétale s'articulent entre progrès (mariage pour tous, nouvelle loi sur la fin de vie) et reculs déguisés, tels une réforme des rythmes scolaires en 2012 effectuée sans moyens.

Tout cela n'effacera pas que le quinquennat fut marqué de lois sécuritaires dont la menace terroriste n'est qu'un mince paravent: en juin 2016, la énième loi antiterroriste intègre la plupart des demandes de la droite, excepté la rétention des fichés S.

L'état d'urgence devrait bientôt être renouvelé une quatrième fois. Tout l'art de Manuel Valls, consistera à puiser ce qui l'intéresse dans ce bilan, dont il est comptable depuis 2014, et à faire mine d'ignorer le reste. Un héritage lesté de dettes...

 

Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #élection 2017

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