Publié le 8 Janvier 2017

Solidarité avec les Goodyear le 11 janvier

Mercredi 11 janvier à partir de 9h devant le palais de justice d'Amiens.

 

A l'occassion du verdict du procès des Goodyear le 11 janvier 2017 devant le tribunal d'Amiens , une poignée de camarades de l'UD CGT des Ardennes et du collectif jeunes se rendront sur place pour demander la relaxe de nos camarades et écouter le verdict du procès contre l'action syndicale dans son ensemble.

Vous pouvez retrouver l'article écrit précédemment sur la journée de soutien au cours du procès du 19 octobre 2016 sur le lien suivant: 

Article sur le procès des Goodyear

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #luttes sociales, #actualite, #goodyear

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Publié le 8 Janvier 2017

Résolution de l’ONU sur les colonies israéliennes : un camouflet pour Netanyahou !

Ceci est un article de libre expression qui ne concerne et n'engage la CGT ni directement ni indirectement.

Condamnant la poursuite de la colonisation des territoires occupés, la résolution 2 334,votée le 23 décembre par le Conseil de sécurité de l’ONU ne peut que réjouir les amiEs de la Palestine...

Certes, cette résolution n’est pas assortie de mesures contraignantes, mais elle illustre l’impasse dans laquelle se trouve Tel Aviv sur le plan diplomatique.

 

 

Des alliés de plus en plus regardants

Comme on pouvait s’y attendre, la réaction du gouvernement israélien à cette résolution historique défavorable (la dernière datait de 1979) est à la mesure de la posture méprisante et belliqueuse qu’il a adoptée depuis des décennies. Netanyahou – poursuivi par ailleurs pour avoir perçu des « cadeaux illégaux » – a déclaré qu’Israël allait « limiter les relations avec les pays qui ont voté la résolution de l’ONU. »

Cette fuite en avant résiste mal à une analyse, même rapide, des difficultés auxquelles se trouve confronté l’État sioniste aujourd’hui. Ancienne tête de pont de l’impérialisme au Proche-Orient, Israël est en perte de vitesse au niveau de ses capacités militaires, et se trouve confronté à de nouvelles puissances locales dans un monde multilatéral. Sur le plan social, la situation n’est guère plus brillante, on assiste à une augmentation de la pauvreté qui dissuade nombre de juifs de la diaspora anciens candidats à « l’alyah » à mettre leur projet à exécution. L’industrie militaire elle-même est en crise, et la politique frénétique de colonisation est en train de ruiner le pays. Dans de telles conditions, on voit mal comment Netanyahou et sa clique pourraient claquer la porte aux alliés traditionnels.

Quelles conséquences ?

À elle seule, cette résolution ne peut bien évidemment en rien régler l’avenir de la Palestine, en particulier du droit au retour pour les Palestiniens chassés de leur pays en 1947. Pour autant, ses conséquences diplomatiques pourront être exploitées par ses partisans. Contrairement à ce qu’affirme Trump, le président pas encore en fonction, l’adoption de la résolution est définitive et ni son équipe ni les représentants d’Israël à l’ONU n’y pourront rien changer.

 

 

Elle aura des conséquences au niveau européen, notamment pour instruire des dossiers devant le TPI, ce que redoutent les dirigeants sionistes. Elle accroît aussi la légitimité de la campagne BDS au niveau de l’opinion publique. À l’initiative de la France, une « conférence de la paix » réunissant 70  pays se tiendra à Paris ce 15 janvier, cela pour la première fois depuis 9 ans. Nul doute que cette conférence sera fortement influencée par la nouvelle résolution de l’ONU. Et logiquement Israël a d’ailleurs annoncé qu’il n’y participerait pas...

Donner un nouvel élan à la campagne BDS

Les militantEs antisionistes et anti-impérialistes ne nourrissent aucune illusion sur la mise en application des résolutions de l’ONU. Depuis sa création en 1947, Israël n’en a d’ailleurs respecté aucune.

Par cette résolution, Obama prétend vouloir« sauver Israël de lui-même »... Pour ma part, je ne compte que sur la mobilisation internationale pour sauver la Palestine. La campagne BDS France est le cadre le plus approprié pour faire progresser cette idée. Malgré la répression et les nombreux procès, sa légitimité grandit. Répondons présents lors de ses nouvelles mobilisations.

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #palestine, #internationale, #actualite

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Publié le 8 Janvier 2017

Évasion fiscale : pénaliser, vraiment !

Ceci est un article de libre expression qui ne concerne et n'engage la CGT ni directement ni indirectement.

L’évasion fiscale fait de nouveau parler d’elle. À travers de nouvelles affaires comme les Football Leaks, mais aussi avec des procès iniques comme ceux des lanceurs d’alerte ou des faucheurs de chaises…

Le 13 décembre dernier, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a sorti un avis sur « Les mécanismes d’évitement fiscal ». Selon son rapporteur, Antoine Dulin, « la fiscalité reste encore un débat d’initiés. Or, ce devrait être un débat de société, compte tenu du risque pesant sur la cohésion sociale et le consentement à l’impôt ». Le consentement à l’impôt est difficile à mesurer avec précision, mais certaines statistiques montrent que 28 % des personnes interrogées considèrent que l’impôt est une extorsion de fonds, et seulement 54 % pensent que c’est un geste citoyen. « Il y a le sentiment chez le contribuable d’être le seul à payer et que la fraude est insuffisamment traquée », relève Antoine Dulin.

Les différentes affaires de fraudes touchant des politiques, des artistes, et désormais des footballeurs, développent un sentiment d’impunité fiscale pour les plus riches. Dans son avis, le CESE appelle la France à jouer un rôle important sur la question de l’évasion fiscale et souhaite même que celle-ci soit abordée non pas au niveau de l’OCDE, mais à l’échelle des Nations unies dans ce qui serait une « COP fiscale », afin d’impliquer les pays en voie de développement. Comme si les COP permettait d’arrêter le réchauffement climatique…

Une fraude peu pénalisée

Selon ceux qui nous gouvernent, la France serait devenue « intraitable » face aux fraudeurs, donnant toujours plus de moyens pour lutter efficacement contre la fraude fiscale. Mais dans la pratique, peu de fraudeurs aisés ou de grandes entreprises se retrouvent devant les tribunaux. Cette politique de dépénalisation de la criminalité financière s’est accélérée sous Sarkozy et a, dans les faits, continué sous Hollande...

La France s’illustre par l’indulgence des peines prononcées contre la poignée de fraudeurs poursuivis, contrairement à de nombreux pays européens où certains fraudeurs sont condamnés à de la prison ferme. Par ailleurs, comment lutter efficacement contre la fraude fiscale quand des milliers d’emplois sont supprimés tous les ans aux finances publiques, en particulier dans la mission du contrôle fiscal ?

Pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale, il faudrait mettre réellement fin au secret bancaire et interdire de réaliser toute transaction avec un paradis fiscal. Le non-respect de cette interdiction devrait être assorti de sanctions très lourdes, jusqu’au retrait de la licence bancaire et au paiement de lourdes amendes. Mais au-delà, il y a nécessité de socialiser le secteur bancaire. Sans cela, la lutte contre la fraude fiscale n’est pour l’essentiel que du vent...

Faire le procès de l’évasion fiscale

En 2015, 40 actions de réquisitions de chaises ont été menées dans des banques pour dénoncer leur rôle dans le système de l’évasion fiscale. Ce lundi 9 janvier aura lieu à Dax (40) le premier procès d’un de ces « faucheurs de chaises », Jon Palais. Il risque 5 ans de prison pour « vol en réunion », suite à une plainte de la BNP, la banque française... qui a le plus de filiales dans des paradis fiscaux.

Alors que les évadés fiscaux et les organisateurs de ces évasions bénéficient d’une impunité quasi totale, grâce notamment au « verrou de Bercy » qui protège les délinquants financiers, le 9 janvier est une date importante pour soutenir les « faucheurs de chaises ».

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #paradis fiscaux, #actualite, #economie

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Publié le 8 Janvier 2017

Un monde à changer

Ceci est un article de libre expression qui ne concerne et n'engage la CGT ni directement ni indirectement.

 

LEUR AMIS, FORTUNÉS, ET LES NÔTRES.

 

L’ancienne ministre de Hollande Aurélie Filipetti a déclaré que Macron était «le candidat du grand capitalisme financier».

C’est sans doute vrai... mais il n’est pas le seul: en France comme dans les autres pays, le capital financier a en permanence plusieurs fers au feu, à droite comme à gauche.

Mais, il est exact que du côté de Macron, les millions ont commencé à ruisseler. Samedi 10 décembre, Emmanuel Macron a ainsi tenu un grand meeting parisien.

Coût de l’initiative: 400000 euros. Comment finance-t-il toutes ces dépenses, lui qui n’a pas le soutien d’un parti politique?

Certes, son mouvement «En marche!» se targue de 120000 membres... mais l’adhésion y est gratuite!

Au départ, outre l’argent qu’il avait gagné dans la banque, Macron a bénéficié du soutien d’Henry Hermand, grande fortune basée sur la grande distribution.

Mais depuis qu’il a décidé de se lancer dans la politique pour son propre compte, Macron a utilisé toutes les ficelles possibles pour récolter des fonds.

Paris Match a assuré qu’en mai dernier, alors qu’il était encore ministre de l’Économie, Macron «aurait levé près de 10 millions de livres sterling» (environ 12,75 millions d’euros) lors d’un déplacement à Londres.

L’ancien ministre a ainsi organisé plusieurs dîners, à Londres ou à New York. Pour y participer, chaque convive doit débourser 7500 euros, ce qui fait relativement cher le plat.

Mais ce prix est juste une manière déguisée de récolter le don maximum autorisé par la loi qu’un particulier peut faire à un parti politique, soit effectivement 7500 euros...

Ainsi va la politique…Elle est plus facile pour qui s’adresse à des gens capables de mettre 7500 euros dans un repas.

Notre camp social, ce sont les milliers de personnes qui, chacune à leur façon, luttent pour un autre monde que celui de la finance. Les seules ressources pour financer nos luttes, ce sont les cotisations de nos militantEs qui pensent que nous sommes utiles à notre camp social.

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #élection 2017, #election presidentielle, #politique

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Publié le 23 Décembre 2016

 

 La Commission européenne a ordonné au géant de l'informatique Apple de payer 13 milliards de dollars en arriérés d'impôts au gouvernement irlandais, estimant qu’au-delà et malgré les taux d'impôt sur les sociétés Irlande particulièrement bas pour encourager l'installation de multinationales, le «traitement de faveur» offert à Apple avait donné des avantages injustes sur ses rivaux. Le gouvernement irlandais fait appel de cette décision et refuse ainsi ce revenu fiscal.1

Les détails de la conspiration criminelle entre Apple et le gouvernement irlandais peuvent être tout à fait choquant, tout comme le défi d'airain montré par Dublin et le géant de l'informatique dans l'opposition à la décision européenne. Nous savions qu'ils ont payé peu d'impôts, mais pratiquement aucun ? Qui aurait imaginé ça ?

Pourtant, tout le monde en Irlande a compris le tableau. Le gouvernement a tenu comme la Faucheuse sa taxe de 12,5% sur les sociétés malgré la pression de l'Union européenne. Il était prêt à nous faire tous mendiants pour satisfaire les banques, les détenteurs d'obligations et la troïka tant que la taxe était en garantie (Un initié du FMI a rapporté avoir gagné le soutien local pour les programmes d'austérité en permettant aux gouvernements de choisir un élément à conserver. Le Portugal a conservé l’état social, l’Irlande a pris l'impôt sur les sociétés)

Nous avons tous été dit que les détails du dernier budget, qui comprenait une taxe sur la connaissance qui aurait effectivement réduit de moitié les taux actuels de l'impôt sur les sociétés. Des détails ont été publiés sur les changements juridiques pour permettre une zone de faible imposition à Dublin. Le Sénat américain a qualifié l'Irlande de paradis fiscal. Le terme «double irlandais», “double Irish” signifie maintenant évasion fiscale en argot. Puis nous avons eu l'embarras de «l'économie de Leprechaun" : de grandes entreprises américaines faisant leur chemin à travers des sociétés irlandaises fictives pour éviter l'impôt ont produit un “taux de croissance” économique de 26% dans l'ensemble de l'économie!

 

Un capitalisme client

En fait, Apple est seulement l'une des milliers de sociétés transnationales qui paient “l'impôt zéro”. Il n'y a pas de contrôle politique, financier, juridique ou environnemental que le capitalisme irlandais se refuserait à plier ou casser pour soutenir le capital transnational ou l'impérialisme en général, le meilleur exemple de cela est la garantie inconditionnelle aux banques et aux détenteurs d'obligations qui a ruiné le pays en 2008.

Nous nous souvenons tous de leur bataille pour écraser le mouvement "Shell to Sea" opposé au géant pétrolier, l'accès sans restriction (et continue) à l'aéroport de Shannon pour la machine de guerre américaine, les accords avec le capitalisme vautour pour liquider des stocks de logements dans une période de crise massive du logement - et pour permettre aux vautours d’éviter l'impôt! La pourriture ne se limite pas au gouvernement - les dirigeants syndicaux, soit n'organisent pas la lutte dans les sociétés transnationales ou signent des accords de refus de grève.

Tout le monde connaît la façon dont on vante la politique d’imposition de l'Irlande. Ce rôle est largement accepté parce que beaucoup croient qu'il n'y a aucune alternative. Dans un sondage suite à la décision européenne appelant à la collecte de l'impôt, 52% de la population soutenait un appel du gouvernement contre elle au motif que cela supprimerait d'autres investissements transnationaux.

Explication

Quand les hurlements d'indignation s’éteignent, le besoin d'expliquer demeure. Le fait est que l'Irlande est un pays dominé par l'impérialisme.

Le capitalisme irlandais n'a pas intérêt à une quelconque forme d'indépendance économique ou politique. Il sert les sociétés transnationales et les détenteurs d'obligations à titre de client, exploitant au maximum les travailleurs irlandais. En interne, il agit comme une kleptocratie, volant tout ce qui existe dans un bourbier de corruption.

L'acceptation générale de la dépendance de l'Irlande entraîne un partenariat social, une collaboration de classe, entre les syndicats et les patrons. La défaite de la lutte de l’Irlande du Nord et la cooptation du Sinn Fein dans le maintien de la partition confirme cette dépendance et nourrit l'absence d'une opposition convaincante.

C’est l'impérialisme, idiot !

Le scandale Apple nous enseigne une leçon importante sur la loi. Une douleur sans fin a été infligée aux travailleurs irlandais, sellés avec la dette bancaire. On nous a dit que le droit européen, les règles européennes signifiaient qu'il n'y avait pas d'alternative. Maintenant, quand les décisions européennes agissent contre le capital américain, il y a un défi.

Il s’agit de la lutte des classes. Le droit joue un rôle secondaire. Une stratégie d'alliances dans au Parlement pour légiférer pour une société plus juste, séparée de la construction parti de la classe ouvrière massif, anti-impérialiste et socialiste est vouée à l'échec.

Nous devons aussi reconnaître que l'alternative à l'impérialisme est un programme anti-impérialiste. Le contrôle économique et politique de l'Irlande devrait être dans les mains de la classe ouvrière irlandaise. Les ressources naturelles devraient être exploitées de manière durable par nous-mêmes.

Nos ennemis nous disent que nous sommes irréalistes. Pourtant, nous vivons actuellement dans un système qui ne peut pas répondre aux besoins de base, qui vole et rapine, où les puissantes sociétés comme Apple trouvent que la production de produits de haute qualité ne produit pas suffisament de profits, qu'il faut comploter pour éviter même de très faibles niveaux d'imposition.

Il y aura beaucoup d'indignation face aux ententes fiscales de l'Irlande. On nous dira combien de maisons, les hôpitaux, les emplois et les écoles pourraient être achetés avec 13 milliards de dollars2.Finalement, nous devons faire face à la réalité que ce n'est pas ce veulent le capitalisme et l'impérialisme.

Le capitalisme est en déclin. Nous avons besoin d'une société socialiste où les besoins des travailleurs viennent avant tout. Si nous commençons cette lutte, alors nous trouverons nous avons des alliés à travers l'Europe et à travers le monde.

Cédric Mimille

  • 1. The Guardian, le 30 Août 2016 “Le taux de taxe d’Apple - ce qu’il signifie pour l’Irlande, les taxes et les multinationales”.
  •              2.  Selon les militants, la somme est équivalente à la totalité du budget de la santé ; voir BBC News “taxe d'Apple: vers un appel du cabinet irlandais contre la décision de l'UE”.

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #informatique, #paradis fiscaux, #idées

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Publié le 22 Décembre 2016

Cliquez sur le lien pour lire les Ardennes syndicale numéro 9

Le nouveau numéro des Ardennes Syndicales est sorti pour les fêtes de fin d'année.

 

Au sommaire on retrouve :

  • En page de couverture le traditionnel édito ainsi qu'un rappel des échéances électorales ( TPE du 30 décembre 2016 au 13 janvier 2017,                                   les élections chez Manpower 1er tour le 21 mars 2017 2 ème tour le 16 mai 2017)

 

  • Page 2 et 3 l'actualité des luttes menées par la CGT des Ardennes au cours de ce dernier trimestre de l'année.

 

  • Et enfin la page 4 avec le planning des formations organisées par l'UD CGT des Ardennes.

 

 

 

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #luttes locales

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Publié le 20 Décembre 2016

Clinique Ormeau Pyrénées Tarbes (65) : 6eme semaine de grève !

Les salariéEs (majoritairement des femmes) des deux cliniques privées de Tarbes sont en grève reconductible depuis le 8 novembre. Ces deux sites appartiennent depuis peu au groupe Médipôle, un des géants de la santé privée. Les conditions de travail, déjà précaires, se sont aggravées depuis le rachat.

Départs non remplacés et fin de CDD, les salariéEs sont passés de 580 à 510... Des réorganisations avec des plannings intenables, et des « pools » de remplacements sur le tas pour combler les manques... Des journées de 12 h 40 payées 12, sans compter le temps de pause ni intégrer les transmissions... Suite aux pressions et à la fatigue, le nombre d’absences de courte durée a augmenté de 30 %, sans remplacements. Et les salaires sont ridiculement bas, 30 % en moyenne en dessous de ceux de l’hôpital, les plus bas étant même au-dessous du SMIC !

C’est contre ces conditions et pour imposer des négociations que les salariéEs, rassemblés en assemblée générale, ont décidé de s’associer à la journée nationale de la santé le 8 novembre et de partir ensuite en grève reconductible.

Le mouvement met la pression

Sans surprise, la direction et l’Agence régionale de santé ont pris une attitude dilatoire : le directeur prétexte l’absence de mandat pour négocier, et l’ARS reste aux abonnés absents... C’était sans compter sur la détermination des grévistes, mobilisées jusqu’à 80 %. Chaque jour des diffusions de tract à la population, des cortèges de grévistes, l’occupation de l’ARS avec placardage d’affiches : « ARS, Agence de réquisition des salariéEs », ont contraint la direction comme l’ARS à bouger. Samedi 3 décembre, une manifestation a rassemblé 1 800 personnes, ce qui est un chiffre très significatif pour une petite ville comme Tarbes.

Cette pression incessante, les assemblées de grévistes quotidiennes ouvertes à ceux qui soutiennent la lutte, un sens permanent de l’initiative qui déborde les cadres habituels, a gagné la sympathie de tout le monde et rythme la vie de la ville. « Consultations » gratuites au marché, occupation du hall des départs à l’aéroport, ouverture d’une caisse de solidarité à la grève (30 000 euros à ce jour), pétition en ligne... La grève fait l’actualité et oblige tout le monde à se positionner, politiques, institutionnels et direction. La direction et les cadres paniquent face à cette détermination : mardi 29 novembre, un médecin a même forcé un barrage filtrant, renversant un militant de la CGT, frôlant l’accident grave.

À suivre...

Cédric Mimille

Pétition en ligne.

Solidarité financière en ligne.

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

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Publié le 20 Décembre 2016

Mort de Fidel Castro : Une page se tourne

Ceci est un article de libre expression qui ne concerne et n'engage la CGT ni directement ni indirectement.

Fidel Castro sera identifié, à jamais, à la révolution cubaine. Dans les années 1960, cette révolution a suscité un enthousiasme sans précédent dans les jeunes générations de révolutionnaires...

Il faut se représenter le monde de l’époque : la guerre froide bat son plein et le stalinisme gèle le mouvement ouvrier international. La révolution cubaine va débloquer cette situation en créant un nouvel espoir.

Résurgence d’une dynamique révolutionnaire internationaliste

Comment une « guérilla » de quelques dizaines, puis de quelques centaines  de militants, entraîne-t-elle tout un peuple dans le renversement de la dictature sanglante de Batista ? Comment expliquer qu’un peuple de 10 millions d’habitants réussit à faire face à l’impérialisme américain, et à polariser ainsi la situation mondiale ?

C’est là qu’il faut reconnaître les qualités de direction de Fidel Castro. Celle ci-s’inscrit dans la tradition de José Marti, révolutionnaire cubain, champion de la lutte pour la libération nationale contre l’impérialisme nord-américain. Mais il faut noter une double spécificité de la révolution cubaine : alors que les stratégies d’alliance avec la bourgeoisie nationale dominent le mouvement ouvrier de l’époque, Fidel et ses camarades impulsent une stratégie de lutte armée, combinant des actions de guérilla, le mouvement des masses, des manifestations et grèves insurrectionnelles. La deuxième spécificité, c’est qu’en s’opposant à l’« impérialisme yankee », la direction cubaine assure la souveraineté du pays. Pour cela, elle nationalise les grandes propriétés capitalistes, en particulier nord-­américaines, et commence à sortir le pays du sous-développement, notamment en matière d’éducation et de santé.

Même si Cuba est un petit pays, Fidel propulse un processus révolutionnaire au sein même de l’hémisphère occidental. L’alchimie entre Fidel et Che Guevara renoue avec les meilleures traditions internationalistes du mouvement ouvrier. D’emblée, les appels au soutien des peuples en lutte se multiplient, en commençant par l’appui au peuple vietnamien. Les Cubains organisent en janvier 1966 la conférence internationale dite « Tricontinentale », qui regroupe les forces anti-impérialistes d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Une première depuis les grandes conférences internationales des années vingt. Cette politique se concrétise dans les luttes armées entreprises par le Che en Amérique latine (Bolivie) et en Afrique (Congo). Elle se manifeste aussi dans les années 1970, par l’envoi de milliers de soldats cubains pour aider le peuple angolais à repousser les assauts des troupes sud-africaines.

Nous pouvons – et devons – discuter de certaines déviations militaristes des stratégies cubaines, mais l’essentiel, pour l’époque, est cette résurgence d’une dynamique révolutionnaire internationaliste.

Pressions soviétiques et déformations bureaucratiques

La révolution cubaine va, dès la fin des années 1960, s’affronter à la réalité des rapports de forces et du marché mondial. Elle paie dans sa chair l’avertissement lancé au mouvement révolutionnaire dès la révolution russe : « Le socialisme ne se construit pas dans un seul pays »...

Isolée, étranglée par le blocus et l’embargo nord-américain, la direction cubaine a de moins en moins les moyens de sa politique. Les accords tactiques nécessaires avec l’URSS contre l’impérialisme se transforment en subordination politique. En août 1968, Fidel Castro soutient l’intervention russe en Tchécoslovaquie. Sur le plan économique, le choix de renforcer la monoculture sucrière affaiblit considérablement le pays et aboutit à l’échec de la « Zafra » ­– récolte du sucre – de 1970. Il accroît la dépendance de Cuba envers l’URSS, d’autant plus que le blocus nord-­américain se renforce.

Dans ce contexte, le modèle soviétique sert de plus en plus de référence. Les conceptions verticalistes liées à l’empreinte du militarisme sur la politique cubaine ajoutées au modèle soviétique accentuent les déformations bureaucratiques de l’État cubain : restriction des libertés démocratiques, absence de pluralisme politique, répression contre les opposants, consolidation du régime du parti unique, inexistence de structures sociales ou politiques propres au peuple cubain...

Et maintenant ?

Dans ces conditions, nombreux vont prédire, à l’instar de l’URSS et des pays de l’Est, un effondrement de la révolution cubaine. Mais malgré les années terribles de la « période spéciale » marquée par la fin de l’aide soviétique, conjuguée à l’embargo nord-américain, Cuba a tenu ! Car, au-delà de ses erreurs, sa révolution n’a jamais été une importation russe. C’est un mouvement historique propre au peuple cubain. Ses ressorts « anti-yankees », les acquis de sa révolution – mêmes ténus –, sa volonté farouche de souveraineté, ont été plus forts.

Jusqu’à quand ? Les rapports de forces sont terriblement défavorables. Que va faire l’administration nord-américaine : submerger Cuba de marchandises ou continuer l’embargo ? Après la mort de Fidel, comment les forces au sein du Parti communiste et du peuple cubain vont-elles se réorganiser ? Les partisans d’une voie chinoise ou vietnamienne l’emporteront-ils ? Une fois de plus, le peuple cubain saura-t-il trouver les voies et les moyens de poursuivre la révolution ? Nous l’espérons et le soutenons dans ce combat.

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #actualite, #cuba, #internationale

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Publié le 20 Décembre 2016

Trump, à qui la faute ?

Ceci est un article de libre expression qui ne concerne et n'engage la CGT ni directement ni indirectement.

 

Pourquoi, comment Trump a-t-il pu se faire élire, contre la grande majorité des pronostics ? Cet article/interview du site étatsunien Socialist Worker analyse les principaux facteurs qui ont joué dans ce sens, le 8 novembre dernier (traduction, Jean-Philippe Divès).1

Alors, qui a gagné cette élection ? La réponse n’est pas si évidente…

Elle ne l’est effectivement pas. C’est Hillary Clinton qui a obtenu le plus de voix dans le pays. A la fin de la semaine dernière, elle en était à un peu moins de 61 millions de voix, contre 60,4 millions pour Donald Trump. Une marge d’environ 600 000 voix est faible par rapport à plus de 123 millions de votants, mais c’est davantage que l’avance d’Al Gore [le candidat démocrate] en 2000 [quand George W. Bush avait été « élu »]. Et cet écart va augmenter – selon certaines estimations, jusqu’à deux millions – quand les bulletins qui manquent encore de Californie et d’autres Etats de la côte ouest auront été comptabilisés.2

Dans tout autre système, Clinton aurait été déclarée vainqueur. Mais les Etats-Unis ont le Collège électoral, un vestige du 18e siècle alors introduit dans la Constitution pour apaiser les dirigeants du Sud esclavagiste. Pour la deuxième fois en seulement 16 ans – et la cinquième dans l’histoire des Etats-Unis –, le Collège électoral a donné la victoire au perdant du vote populaire à l’échelle du pays.

Dans tous les Etats sauf deux, celui qui gagne au niveau de l’Etat, même de quelques voix sur des millions, remporte tous les délégués au Collège électoral. La clé de l’élection de Trump a été ses courtes victoires obtenues dans trois Etats de « la ceinture de la rouille » (Pennsylvanie, Michigan et Wisconsin), où les Républicains ne l’avaient pas emporté depuis les années 1980. Une étude du Washington Post estime que la différence entre Trump et Clinton a été dans ces trois Etats de 107 000 voix – la Maison Blanche a tenu à cela. Trump n’a gagné le Michigan que de 13 000 voix sur plus de cinq millions d’exprimés.

 

Quelles en sont les implications ?

Suivant n’importe quelle définition de la démocratie – qui suppose que les gens puissent choisir leurs dirigeants –, le Collège électoral devrait être aboli. Cela impliquerait de modifier la Constitution, ce qui s’est déjà fait dans le passé. A l’origine, elle ne reconnaissait ni la citoyenneté des Noirs, ni le droit de vote des femmes, et ne prévoyait pas l’élection directe des sénateurs. Ces dispositions anti-démocratiques ont été supprimées par des amendements constitutionnels.

Mais même si les sondages indiquent que plus de 70 % des Américains veulent se débarrasser du Collège électoral, les élites ne semblent pas décidées à bouger sur ce plan. On voit au contraire l’establishment politique – Démocrates comme Républicains, y compris les gagnants/perdants Al Gore et Hillary Clinton – s’agenouiller devant une institution conservatrice qui a enlevé au peuple son pouvoir de décision.

Le Collège électoral fausse tout le système des élections présidentielles. Parce que la plupart des Etats votent très largement pour un des deux principaux partis, les candidats ne consacrent pas leurs ressources à y faire campagne. Cette année, cela a signifié ignorer trois des quatre Etats les plus peuplés – Californie, Texas et New York – et les millions d’Américains ordinaires qui y vivent et travaillent. Les grands partis se sont concentrés sur dix ou douze « Etats clés » (swing states) où les écarts étaient faibles, en sachant que celui ou celle qui y serait vainqueur remporterait la Maison Blanche.

Imaginez un instant que l’élection du président dépende du vote populaire [du suffrage universel à l’échelle des Etats-Unis]. Les candidats en campagne devraient s’adresser aux masses multiraciales des grands centres de l’industrie, des services et des transports : Los Angeles, Houston, Chicago, New York City. Au lieu de cela, l’attention s’est concentrée sur des Etats tels que le New Hampshire. Nul mépris pour ses habitants, mais sa population est bien moindre que celle de chacune des quatre villes qui viennent d’être citées. Et le New Hampshire est aussi beaucoup plus blanc et riche que le reste du pays.

Autre leçon des résultats de cette année, ils démentent clairement le mythe selon lequel les Etats-Unis seraient un pays de « centre-droit », voire encore plus à droite. Les Républicains vont affirmer avoir un mandat pour faire passer un ensemble de politiques réactionnaires pour lesquelles, à l’évidence, la majorité du pays n’a pas voté. De fait, ils n’ont gagné le vote populaire qu’une seule fois (en 2004) lors de toutes les élections présidentielles depuis 1988. Une telle série de victoires démocrates dans le vote populaire ne s’était produite qu’à un seul moment dans le passé – dans les années 1820 et 1830.

 

Parlons des raisons de l’échec de Clinton. L’abstention en fait-elle partie ?

Du point de vue le plus général, la première chose à noter est la forte baisse de la participation par rapport aux trois dernières élections présidentielles. Les votes continuent d’être comptabilisés, mais il semblerait qu’il y ait eu près de cinq millions de votants de moins qu’en 2012, et autour de sept millions de moins qu’en 2008. Cela, dans un pays où la croissance démographique3 aurait dû à elle seule conduire à une augmentation du nombre des votants.

On peut supposer que le taux final de participation tournera autour de 57 % des citoyens américains disposant de leurs droits civiques. Ce taux était de 59 % en 2012, de 62 % en 2008 et même de 61 % en 2004, selon des chiffres compilés par le professeur Michael McDonald, un expert électoral de l’université de Floride. Cette chute de la participation explique pourquoi Trump a pu « gagner » alors qu’il n’aura probablement pas obtenu plus de voix que Romney, le battu de 2012.

Nos élections anti-démocratiques, biaisées par des intérêts de classe et n’offrant qu’un choix restreint, sont celles où l’abstention est la plus forte de tout le monde capitaliste avancé. Les estimations de participation signifient que près de 100 millions de personnes en capacité de voter ne l’ont pas fait – ce qui souligne l’aliénation vis-à-vis du système politique.

Tels sont donc les chiffres globaux. Mais le plus important est le fait que la baisse soit fondamentalement venue du côté des Démocrates. Entre 2008 et 2016, le vote républicain s’est plus ou moins maintenu autour de 60 millions de voix. Mais le vote démocrate est tombé de 69 millions pour Obama en 2008 à 61 ou 62 millions cette fois pour Clinton. Et, plus important que tout afin de comprendre la victoire de Trump au sein du Collège électoral, la participation démocrate a été la plus faible dans ce qui était considéré comme des bastions de ce parti, en particulier dans le haut Midwest.

 

Que s’est-il passé dans ces Etats ? D’où y vient l’avance, même légère, de Trump ?

Comme je l’ai signalé, dans les trois Etats clés – Wisconsin, Michigan et Pennsylvanie –, la décision a été emportée par un peu plus de 100 000 voix. Ainsi que l’a remarqué le Washington Post, c’est à peu près le nombre de gens qui s’entassent dans le stade « Big House » de l’université du Michigan pour les matches de football [américain] du samedi.

L’histoire est un peu différente dans chacun de ces Etats, mais le cadre global est le même. Dans les principaux centres urbains à forte population africaine-américaine – Philadelphie, Detroit et Milwaukee –, Clinton a obtenu significativement moins de voix qu’Obama. Une part de la baisse enregistrée au Wisconsin peut sans doute être attribuée aux mesures prises par les Républicains, qui sont à la tête de l’Etat, pour rayer des listes un certain nombre d’électeurs. Mais cela n’explique pas le Michigan et la Pennsylvanie. Loin de voter pour Trump, de nombreux Noirs sont simplement restés à la maison.

Le résultat tout sauf brillant de Clinton dans les grandes villes ne lui a pas permis de contrecarrer le vote en faveur de Trump dans les zones périurbaines et rurales, plus conservatrices. Ainsi, dans le Wisconsin, Trump a remporté treize comtés ruraux ou périurbains qui avaient donné une majorité à Obama dans deux élections successives.

A ce stade, il est difficile de dire si le tournant en faveur des Républicains s’explique par le fait que d’anciens électeurs d’Obama se soient tournés vers Trump, par une poussée de nouveaux électeurs en faveur de Trump, ou par la chute de la participation des Démocrates alors que celle des Républicains est restée stable. Mais si l’on compare les votes globaux de ce scrutin avec ceux de la première élection d’Obama, on s’aperçoit qu’il y a bien plus une chute  du vote démocrate qu’une hausse du vote républicain.

En Pennsylvanie, il apparaît que Trump a mobilisé des électeurs qui n’avaient pas voté pour Romney [en 2012]. Mais il l’a aussi emporté dans les zones périurbaines, par 52 % contre 44 %. Le réalisateur progressiste [aux Etats-Unis et dans le texte original, « liberal »] Michael Moore a affirmé sur l’émission Morning Joe de la chaîne MSNBC que 90 000 votants du Michigan ont laissé en blanc, sur leurs bulletins électoraux, les cases du scrutin présidentiel, alors qu’ils ont voté pour toutes les autres fonctions. Selon le dernier comptage, Clinton a perdu le Michigan d’environ 13 000 voix.

 

Les progressistes font porter à la « classe ouvrière » la responsabilité de la défaite de Clinton. Que faut-il en penser ?

La première chose à dire est que les progressistes et les apparatchiks démocrates devraient d’abord se regarder eux-mêmes dans une glace. Ce sont eux qui ont truqué le processus interne de nomination afin de sélectionner Clinton, elle qui incarne les politiques néolibérales, favorables à Wall Street, qui ont été à l’origine de la détérioration des conditions de vie des travailleurs pour toute la durée d’une génération. Maintenant, sur le fond, Clinton a été battue de presque quarante points chez les électeurs blancs qui ne sont pas allés à l’université – ce que les médias définissent comme la « classe ouvrière blanche ». Mais cette définition très large d’une « classe ouvrière » ne prend pas en compte le fait que les « blancs sans études supérieures » incluent des auto-entrepreneurs, des petits patrons et des cadres moyens. Ceci dit, il reste qu’ils ont passé Clinton à la moulinette.

Je voudrais mentionner encore deux points, l’un sur la question raciale et l’autre sur les niveaux d’étude. En premier lieu, Clinton l’a emporté parmi les électeurs non-blancs qui n’ont pas fait d’études supérieures, ce qui montre à l’évidence que les niveaux d’éducation ont pesé moins que la question raciale et la façon dont elle interagit aux Etats-Unis avec la question de classe. Le message de Trump visait évidemment à retourner la colère envers l’establishment politique vers des boucs-émissaires non-blancs et immigrés. C’est une version 21e siècle de ce que signalait Frederick Douglass quand il montrait comment les dirigeants du Sud attisaient la haine raciale entre les blancs et les Noirs. Ils « divisent les deux pour conquérir chacun », disait Douglass.

En second lieu, par rapport à toutes ces déclarations sur la responsabilité dans l’élection de Trump des blancs qui ne sont pas allés à l’université, il faut souligner que la moitié des votants du 8 novembre étaient titulaires d’une licence, ou d’un master ou d’un doctorat, alors que selon le Bureau américain du recensement, les diplômés de l’enseignement supérieur ne représentent qu’un tiers de l’ensemble de la population. Et rappelons que Trump a remporté la majorité des voix des blancs ayant fait des études universitaires, par 49 % contre 45 % à Clinton, même si celle-ci a été majoritaire au niveau de l’ensemble des diplômés du supérieur, par 53 % contre 43 %.

Enfin, lorsque l’on considère le niveau des revenus, on voit que Clinton a été majoritaire parmi les électeurs dont les foyers disposent de moins de 50 000 dollars par an (soit un peu moins que le revenu médian), alors que Trump l’a emporté de peu parmi ceux dont le revenu est supérieur. Mais là encore, il convient de considérer la totalité de ceux qui ont participé au vote. Il y a parmi les inscrits environ 25 % de personnes dont le foyer dispose d’un revenu supérieur à 100 000 dollars. Mais le 8 novembre, ces gens ont représenté 34 % du total des votants.

Si donc on utilise les niveaux d’éducation et de revenu pour définir la classe, ainsi que les médias le font habituellement, il faut dire alors que les votants venaient plus de la classe moyenne que de la classe ouvrière. Cela fait des années que des analystes tel que Walter Dean Burnham soulignent à quel point le système électoral étatsunien, sans parti du travail ou qui soit réellement « de gauche », n’offre pas de véritable choix électoral aux électeurs de la classe ouvrière. Les études du Bureau du recensement et d’autres sources confirment que les travailleurs et les pauvres, souvent ceux qui sont aussi en faveur de politiques salariales et des revenus progressistes, ont formé le gros des 100 millions d’inscrits qui ne sont pas allés voter.

 

 

  • 1.   Interview parue le 14 novembre 2016 sous le titre « Who’s to blame for Trump’s victory ? », https ://socialistworker.org/2016/11/14/whos-to-blame-for-trumps-victory. Nous avons inséré dans le corps du texte quelques précisions qui sont signalées entre crochets et en italique [les notes sont de notre rédaction].
  • 2.    Au 24 novembre, l’avance d’Hillary Clinton est supérieure à 2 millions de voix. Le décompte lui en attribue 64 394 094 (soit 47,93 % du total), contre 62 310 486 (46,38 %) à Trump. Le reste s’est porté, principalement, sur le libertarien Johnson (3,28 %) et la candidate du Parti Vert, Jill Stein (1,02 % pour 1 366 327 voix).
  • 3.     La population des Etats-Unis s’est fortement accrue ces dernières années : 325 millions estimés en 2016, contre 309 millions lors du recensement de 2010 et 281,5 millions selon celui de 2000.
  •  

Trump a obtenu un nombre de voix inattendu parmi les syndiqués – 43 % selon les sondages sortie des urnes. Comment cela cadre-t-il avec le reste ?

En mars dernier, un ami du Wisconsin m’a envoyé un article à propos de la configuration de la primaire entre Hillary Clinton et Bernie Sanders. L’article incluait une citation d’un militant syndical de Madison qui estimait que dans l’élection générale au Wisconsin, après l’échec du mouvement ouvrier à défaire Scott Walker, le gouverneur de droite antisyndical, un populiste de droite pourrait certainement battre une Démocrate pro-grandes entreprises. Je ne sais pas si Bernie Sanders aurait battu Trump, mais lui était au moins en prise avec le mécontentement des milieux ouvriers et leur proposait des réponses progressistes.

Si les rapports post-électoraux issus du camp Clinton sont vrais, une série de politiciens locaux du haut Midwest lançaient des signaux d’alarme depuis des mois. Mais la campagne Clinton considérait que ces Etats étaient dans la poche. D’après les sondages sortie des urnes réalisés au niveau national, Clinton n’aurait remporté les voix que de 51 % des votants de foyers où une personne au moins est syndiquée. Dans la plupart des élections, les Démocrates obtiennent plus de 60 % de ces voix. Selon les chiffres donnés au niveau des Etats, la répartition a été la même que nationalement dans le Wisconsin et le Michigan ; en revanche, les foyers syndiqués ont voté largement pour Trump dans l’Ohio, par 54 % contre 42 %.

 

Clinton a également fait moins bien parmi les électeurs noirs et latinos…

Il est clair que même si elle a été largement en tête chez ces électeurs, elle n’a pas obtenu assez de leurs voix dans les Etats cruciaux pour contrebalancer le vote des blancs en faveur de Trump. En 2012, Obama avait récolté 70 % des voix des électeurs latinos et asiatiques ; cette fois, Clinton n’en a recueilli que 65 %. Dans le même temps, par rapport à Mitt Romney en 2012, Trump a progressé de 8 points chez les Latinos et de 7 points parmi les Africains-Américains. Le sondeur conservateur Bill McInturff l’a relevé, tout en soulignant que dans des « bases » essentielles des Démocrates – comme Milwaukee, Detroit et Cleveland, ainsi que Charlotte et Raleigh en Caroline du Nord –, la participation démocrate avait été en baisse sur 2012.

Une poussée du vote anticipé latino a certainement offert le Nevada à Clinton, mais cela n’a pas été suffisant dans d’autres Etats. En Floride, le vote latino a été légèrement inférieur, quoique plus fort dans des bastions autour d’Orlando, Miami et Fort Lauderdale. Mais il reste que 35 % des Latinos de Floride ont voté Trump, dont une majorité (54 %) de Cubains-Américains.

 

Le jour de l’élection, tout le monde parlait d’un différentiel de genre historiquement élevé. Quelles conclusions peut-on en tirer ?

Le différentiel de genre (la différence entre le vote des hommes et celui des femmes, selon les sondages sortie des urnes) est passé de 18 % en 2012 à 24 % en 2016. Clinton a remporté le vote des femmes avec 12 points d’avance sur Trump, contre 11 points pour Obama en 2012. Mais quand Obama avait perdu le vote des hommes de 7 points, Clinton l’a fait de 12 points en 2016.

Il est toutefois intéressant de noter (en sachant que ces chiffres sont imprécis) que les hommes ont choisi les Républicains par seulement un point de plus qu’en 2012, 53 % contre 52 %. Sur la base des sondages, il est difficile de savoir si la faible proportion des hommes ayant voté Clinton (41 %) s’explique par le choix d’un troisième candidat, ou s’ils n’ont simplement pas répondu aux enquêteurs. Dans tous les cas, le différentiel de genre a augmenté parce que, par rapport au vote Obama, une plus faible proportion d’hommes a voté Clinton.

Vu toutes les questions liées au genre qui ont été soulevées dans ces élections, des promesses de Clinton de « briser le plafond de verre » en tant que première femme présidente jusque, bien sûr, les multiples expressions de misogynie de Trump, cette division traduit à coup sûr un fond de sexisme au sein de l’électorat. En même temps, il faut relever que Clinton a perdu de dix points auprès des femmes blanches, et de 28 points parmi les femmes blanches non diplômées du supérieur. Pourquoi les femmes blanches de la classe ouvrière ne se sont-elles pas identifiées à Clinton ou, ce qui serait sans doute plus pertinent à dire, ne se sont-elles pas opposées à Trump ? Je vous invite fortement à lire, à ce propos, une interview récente de la sociologue Stephanie Coontz4.

Les femmes ont représenté 52 % des votants – elles ont à peu près le même poids parmi les inscrits. Mais en 2012, leur vote avait compté pour 54 % des voix. Les femmes sont donc un autre de ces secteurs que Clinton n’est pas parvenue à mobiliser autant qu’Obama.

Un dernier point : les chiffres du Bureau de recensement montrent que les femmes votent davantage que les hommes, une différence qui est sensiblement plus importante au sein de la population noire. Cela veut dire qu’une compréhension « intersectionnelle » est également nécessaire. Si les Africains-Américains ont été moins nombreux à voter que dans le passé, que ce soit à cause des mesures de retrait du droit de vote ou de l’absence d’enthousiasme envers Clinton, il paraît évident que c’est la participation des femmes qui en a été la plus affectée.

 

Avant l’élection, quand il semblait que Clinton pouvait l’emporter, y compris avec une avance importante, il se disait que grâce à la démographie les Démocrates étaient en mesure de « verrouiller » la Maison Blanche, en envoyant les Républicains aux oubliettes…

Je suis assez âgé pour me rappeler l’époque de Reagan, quand tous les pontes et politologues affirmaient que la Californie, qui était allée aux Républicains durant la plus grande partie des années 1960, 1970 et 1980, allait leur permettre de « verrouiller » le Collège électoral. En 1994, le gouverneur républicain Pete Wilson s’est fait réélire en surfant sur un référendum anti-migrants dit « proposition 187 ». Alors que les tribunaux invalidaient l’essentiel de ses mesures, cette proposition a cependant provoqué un basculement massif des Latinos vers les Démocrates.

Ce « tremblement de terre politique » a fait que la Californie – qui avait lancé les carrières de Richard Nixon et de Ronald Reagan – est devenue pratiquement « ingagnable » par le Parti républicain. La Californie est désormais une pierre angulaire du dit « mur bleu » des Etats pro-Démocrates, sur lesquels ces derniers comptaient pour l’emporter au sein du Collège électoral. On sait que ce mur bleu [couleur des Démocrates] s’est brisé lors de ces élections, l’essentiel de ses composantes du Midwest étant allé à Trump.

Il est indéniable que Clinton l’a emporté parmi ce qui a été appelé « l’électorat américain montant » 

– les jeunes, les personnes de couleur, les femmes célibataires, les électeurs non religieux, etc. Grâce aux voix africaines-américaines et latinos, Clinton est passée plus près de la victoire que ne l’avait fait Obama dans des Etats « rouges » [couleur des Républicains] tels que l’Arizona, la Géorgie ou le Texas. Si elle finit par remporter le vote populaire avec un ou deux millions de voix d’avance, cela pourra présager d’une majorité démocrate encore plus importante.

Mais l’écroulement du mur bleu nous rappelle que si la démographie a une influence, ce n’est pas elle qui décide. Pas mal d’électeurs de la classe ouvrière et de syndiqués (ainsi que d’autres secteurs) se sont visiblement lassés d’investir leur énergie et leurs espoirs dans un Parti démocrate qui ne leur apportait rien en retour. Beaucoup sont restés chez eux le 8 novembre et certains, par désespoir, ont voté Trump.

Mais il y a peut-être une perspective encore plus sombre. Dans le haut Midwest, d’anciens bastions syndicaux tels que le Michigan ou le Wisconsin sont devenus des Etats du « droit au travail » [nom donné par leurs auteurs aux lois antisyndicales]. Les syndicats, qui constituent un facteur essentiel afin de promouvoir un niveau élémentaire de solidarité de classe interraciale, y sont démantelés. Cela ouvre la voie à un renforcement du racisme et de l’ethno-nationalisme, que les politiciens républicains avaient précisément utilisé, entre les années 1970 et 1990, pour retourner en leur faveur le « Solid South » [le bloc des anciens Etats esclavagistes du Sud, à l’est et au centre du pays].

Vous pouvez compter sur les Républicains – même s’ils ne l’admettront pas en public – pour monter des plans afin de s’attacher durablement le vote des blancs dans le Wisconsin et le Michigan, comme ils l’ont fait au Mississipi ou en Caroline du Sud (deux Etats ayant d’importantes populations noires). Telle est leur réponse à « l’électorat américain montant ».

C’est pourquoi nous devons nous dresser contre le poison que la campagne de Trump a injecté dans le système sanguin de la politique du pays. Et construire des mouvements interraciaux pour des revendications de classe, qui proposent de l’espérance au lieu du désespoir.

Lance Selfa

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4. « Why women are still voting for Trump, despite his misogyny », 25 octobre 2016, http ://www.vox.com/conversations/2016/10/25/133...

 

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #internationale

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Publié le 20 Décembre 2016

De Guernica au Moyen-Orient, en finir avec les bombardements !

Ceci est un article de libre expression qui ne concerne et n'engage la CGT ni directement ni indirectement.

Le 26 avril 1937, jour de marché, la ville basque de Guernica était bombardée et incendiée par l’attaque des avions de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste, faisant des centaines de morts, peut-être 1600. Cette infamie est devenue un symbole majeur de l’horreur de la guerre moderne : elle inaugurait en Europe le principe du « bombardement stratégique », un tapis de bombes lâchées par l’aviation sur une population civile sous couvert d’objectifs soi-disant militaires, expérimenté auparavant par les diverses puissances coloniales en Libye, Somalie, Afghanistan, Syrie, Maroc, Namibie. La force expressive du tableau monumental peint dans les semaines suivantes par Picasso en dénonçait la dimension terroriste à la face au monde.

Dans six mois, on commémorera les quatre-vingt ans du bombardement de Guernica, avec probablement nombre de serments de « Plus jamais ça ! ». Et pourtant, combien de puissances mondiales ou régionales organisent des Guernica de nos jours, et comme on s’en accommode, au nom de la « lutte contre le terrorisme » ! Il y a bien sûr les bombardements du régime d’Assad et de son parrain russe en Syrie, avec en particulier le martyr de la population d’Alep après celles de Homs, Daraya, Deraa…

Comment comprendre qu’une partie de la gauche, pourtant nourrie au souvenir de Guernica, ne veuille pas voir les bombardement délibérés et systématiques des hôpitaux, des marchés, des écoles, de tous les lieux de vie des civils par un régime qui avec ses alliés réduit toute la population qui le conteste à des « terroristes »? Il est vrai que n’ayant reçu quasiment aucune aide concrète de la part des « démocrates », la révolution syrienne s’est trouvée prise à revers par des courants intégristes, et qu’il est tentant de vouloir évacuer nos responsabilités en confondant insurrection populaire toujours en cours, forces combattantes non confessionnelles et djihadistes plus ou moins extrémistes.

Il est vrai aussi que les Assad, les Poutine peuvent se défendre en affirmant qu’ils ne font que pousser avec plus de fermeté les méthodes des puissances occidentales, ou en rappelant leurs gros mensonges médiatiques récents. Les USA qui ont détruit l’Irak sous un faux prétexte et portent une responsabilité première dans l’apparition de Daesh ; qui ont justifié la torture généralisée à Abou Ghraib, qui ont sciemment bombardé un hôpital de MSF en Afghanistan, comme Israël pendant l’offensive contre Gaza en 2013 ; les royaumes intégristes du Golfe, à commencer par l’Arabie Saoudite, qui font de même au Yémen, qui viennent de bombarder une cérémonie d’obsèques, faisant 400 morts. Ces mêmes royaumes choyés par les gouvernements français successifs, et particulièrement par celui de Hollande et Valls qui se glorifie de ses records de ventes d’armes et de son intervention au Mali, et dont le double discours démocratique, laïque et martial à la fois est écœurant au regard de ses pratiques.

Alors, laisser écraser Alep pendant que les coalitions antiterroristes « démocratiques » bombardent à Raqqa ou Mossoul, c’est réactualiser la mémoire des bombardements coloniaux français de 1925 et 1945 en Syrie, des bombardements anglais des années 1920, des bombardements américains des années 1991 et 2001 en Irak, des bombardement russes en Tchétchénie, déjà sur une population majoritairement musulmane, de 1994 à 2000 ; c’est à la fois la garantie de désastres humanitaires et politiques, et c’est pousser les populations désespérées dans les bras de Daesh ou de ses futurs héritiers. Il nous faut retrouver des boussoles élémentaires pour une pensée progressiste et démocratique. Celle qui dit « Arrêt immédiat de tout bombardement en zone habitée au Moyen-Orient » et celle qui affirme «  Solidarité concrète avec les populations qui aspirent à la liberté, la justice sociale et la dignité », en ne confondant pas l’aide matérielle à apporter et la substitution colonialiste aux luttes des peuples opprimés.

Jacques Babel

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Rédigé par Collectif Jeunes CGT 08

Publié dans #idées, #internationale, #syrie

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